TRANSEPT SUD

1/ LA DANSE MACABRE (partie inférieure) 2/ L’ENFER (partie supérieure)

 

En 1912, par suite de la chute de quelques plaques de badigeon qui les recouvraient, on découvrit les peintures originales.

Il ne subsiste, en France, que sept «Danses Macabres», datant toutes de 1450 à 1550.

1/ LA DANSE MACABRE

L’idée qui sous-tend cette danse macabre est que devant la mort, chacun se présente sur un pied d’égalité. Aussi voit-on, ici même, défiler sur la frise, placés entre les squelettes de la mort, toutes les classes de la société, du pape et du roi jusqu’aux pauvres gueux…

De tous ces personnages, seuls quelques-uns restent lisibles malgré une récente restauration.

Détails de la fresque :

Du haut d’une chaire, un prédicateur à barbe blanche parle de la mort. Son discours est écrit là, au-dessus des morts et des vivants, sur une longue bande qui occupe toute la largeur de la fresque.

Voir à partir de la gauche

Lorsque la mort de chacun sonnera (on voit la mort sous sa forme de squelette, la trompette levée, elle sonne) alors chaque personnage, si grand soit-il, devra s’arrêter et mourir.

Suit le défilé de tous ces personnages dans l’ordre de leur importance terrestre, en commençant par les plus grands : le pape, l’empereur, le roi, le cardinal, le prince, l’évêque, le chevalier, le bourgeois, le marchand… il ne manque pas même le porteur de balai qui termine la série…

À remarquer que pour chacun le squelette de la mort met le pied sur le pied du vivant.

Stop ! pas un geste de plus ! c’est l’égalité de tous devant la mort, l’impossibilité absolue de lui résister.

 

«La mort a ses rigueurs à nulle autre pareilles et la garde qui veille aux barrières du Louvre n’en défend point nos rois…»

Malherbes.

2/ L’ENFER

Il est intéressant de constater que, dans l’iconographie de l’au-delà, l’enfer est beaucoup plus marquant et plus humoristique que le paradis ! Il est certain qu’à cette époque, la religion se base davantage sur le tabou du mal que sur l’incitation au bien. La terreur médiévale semble marquer le pas en cette fin du XVe siècle et l’enfer de Kernascléden n’effrayait sans doute guère que les enfants.

La verve, la truculence et une peur raisonnable font de cet enfer là une scène plus accessible au regard et à l’esprit…

Détails de la fresque :

La première chose qui attire le regard, c’est un vaste chaudron dans lequel sont jetés les damnés de toutes conditions dont on ne voit que les têtes. On peut identifier un moine à sa tonsure, un noble à sa perruque, une femme à ses longs cheveux. Un démon retient dans ce chaudron infernal, à l’aide d’une fourche, ceux qui seraient tentés de s’en échapper. Sous le chaudron, un démon à tête d’oiseau maintient, à l’aide d’un croc, quelques personnages qui servent sans doute à alimenter le feu…

À gauche, une autre marmite, plus petite, contient quelques damnés qu’un démon semble remuer à l’aide d’un bâton.

De la grande chaudière sort l’arbre sec, aux branches effilées sur lesquelles sont empalés les damnés, les mains liées, ne risquant pas de s’échapper !

Ils sont écorchés, griffés, mordus par les démons.

À droite, on remarque le supplice du tonneau où sont enfermés les ivrognes et à gauche la roue de la fortune, supplice réservé aux riches et qui surplombe le puits de l’abîme.